Publié le 7 juin 2013

Mathilde Colas

0 commentaire(s)


Hellfest, le grand rendez-vous européen des musiques extrêmes, est de retour du 21 au 23 juin à Clisson (Loire-Atlantique). Cette année, la rédaction de Fragil plonge dans l’univers des headbangers. Coups de cœur musicaux, exploration des coulisses et rapport sur l’ambiance survoltée d’un des plus importants rassemblements musicaux en France. Petits conseils pour s’imprégner de la programmation et de l’esprit de la culture métal. Devenez curieux !

Doom, black metal, post-hardcore, stoner... Ces termes vous laissent perplexes ? Il s’agit pourtant d’une bonne partie de la programmation du troisième plus grand festival en France et du premier festival de métal en Europe, battant son record de fréquentation en 2012 avec 112 000 spectateurs. Avec l’explosion du Hellfest sur la scène des grands, le métal est de plus en plus visible dans les salles et cafés-concerts, le festival attirant les fans de toute l’Europe tout comme les curieux et novices du genre. La rédaction de Fragil propose cette année une percée au cœur de l’édition 2013 du Hellfest, afin de décortiquer un genre musical aux multiples embranchements et évolutions, mais aussi les codes d’une culture qui est encore l’objet de nombreux clichés.

La programmation alterne cette année encore entre légendes mainstream, pour vivre ou revivre les moments forts du métal des années 1980, grands crus de la scène actuelle et découvertes de la nouvelle génération. Une flopée de noms est attendue pour cette édition. Korn, rien que pour le plaisir de regoûter à cette époque où l’on décorait nos sacs à dos à leur effigie (pas la peine de détourner le regard en lisant ces mots, beaucoup d’entre vous se reconnaissent sûrement). Gojira ensuite, sans doute le groupe le plus reconnu de l’hexagone, pour qui il faudra attendre jusqu’au dimanche. Vous avez dit violent ? Pourtant, dans leurs paroles se trouvent des références à l’hindouisme et à l’écologie. Le groupe est inclassable, leur patte reconnaissable entre mille (jugez-vous même en écoutant le dernier opus, "L’Enfant Sauvage"). Changement de registre et direction la Finlande. Si vous faites partie de ceux qui regardent (encore) l’Eurovision, le nom de Lordi doit vous être familier, puisque le groupe, assez porté sur la pyrotechnie et une esthétique hybride entre Kiss et les romans de dark fantasy, a remporté le concours en 2006. Ils joueront le dimanche soir sur la Main Stage. La prestation de l’ancien bassiste de Metallica Jason Newsted peut aussi valoir le coup d’œil.

Quinquas bouclés VS. jeunesse dégénérée

Petit conseil aux festivaliers : hydratez-vous. Whitesnake a justement pensé à la soif de ses fans en commercialisant son propre vin sur internet, à déguster dès le vendredi avant son entrée sur la Mainstage. Twisted Sister et Def Leppard raviront quant à eux les puristes du Métal version eighties. Parmi les pointures générationnelles se trouvent également ZZ Top et Kiss. Prévoyez donc votre palette de maquillage.

Si après ces concerts vous vous sentez vieillissant et rouillé, un plongeon de bon matin dans la War Zone s’impose, avec les Treilliérains Justine, aux riffs déjantés et paroles pleines d’humour qui rappellent les californiens NOFX, également présents à l’affiche. De quoi convaincre les derniers réfractaires au punk-rock. Les berlinois Atari Teenage Riot clôturent les concerts de la scène le dimanche par un show punk déjanté teinté d’électro, appelant à l’insurrection dans une sombre transe électronique. Violent et efficace. À noter aussi la présence de Negative Approach sur la Warzone, tout droit sortis du vivier musical underground de Détroit. Et si depuis les premières lignes de cet article vous vous demandez toujours si vous aimerez le doom (non, ce n’est pas qu’un jeu vidéo), ne quittez pas la War Zone sans avoir assisté à la prestation de Ghost.

Du quoi ? Du Sludge !

La Valley s’agrandit cette année, laissant place à l’univers mélancolique de Cult of Luna et aux expérimentations de Swans, reformé en 2010, qui évoquent à certains moments une rencontre entre Pink Floyd période Syd Barrett et Sonic Youth, le tout revisité à la sauce noise. Spécialisée dans le sludge et le doom, la scène plaira notamment aux amateurs de formes de métal plus lentes et sombres. La scène Temple et l’Altar, qui partagent le même chapiteau, sont consacrées au Black et Death Metal, accueillant entre autres Candlemass, Cradle of Filth, At The Gates et Moonspell, qui livreront au public leurs mélodies ténébreuses et aériennes.

On se retrouve donc dans quelques semaines pour reparler du Hellfest. D’ici là, si vous voulez en savoir plus sur les scènes et la programmation, les deux acolytes de 2Guys1Tv ont détaillé et expliqué la programmation sur leur chaîne Youtube et le site du festival pour la Hellfest TV : drôle, ouvert et instructif. Même votre grand-mère pourra y trouver de quoi rassasier sa curiosité. Vous pouvez aussi l’installer devant "Le métal expliqué à ma mère", documentaire de Thomas VDB diffusé sur France 4 en 2011 et disponible ici.

Dernier conseil : avant d’arpenter le site du festival, un peu d’exercice ne vous fera pas de mal : n’oubliez pas les étirements du cou avant de vous lancer dans la foule lors des concerts, attraper un torticolis pendant une session de headbanging serait fâcheux...

Plus d’infos : http://www.hellfest.fr/

Mathilde Colas

Crédits photos : affiche © Mush