Publié le 28 avril 2005

Berengere Langlois


Soirée éclectique et programmation en crescendo ce jeudi 21 avril à la Barakason. En entame, Billy fils de rien et son pote Kifran, un duo théâtral de chanson française puis Fiston Morback, groupe punk qui a pour particularité d’avoir deux chanteuses, ça change et ça fait du bien ! Et c’est les bien nommés Fuckingham Palace qui ont clôturé la soirée avec leur énergique hardcore.

C’était donc le Super retour du Jeudi à la Barakason de Rezé, date anniversaire en ce 21 avril d’un non moins grand événement politico-médiatique vécu par tous il y a 3 ans : le Retour du Dark Vador vs Chirac. Mais la flamme de Le Pen n’a pas hanté cette soirée, il n’y avait pas le feu dans la salle. Malgré toute la bonne volonté des trois groupes programmés, les spectateurs se sont sournoisement et de façon inquiétante dispersés au fil de la soirée.

Ceux pleins d’entrain du début qui répondaient présent, bruyamment et presque en rythme à Billy fils de rien et son pote Kifran, ont dès le second groupe vécu une soudaine baisse de régime. Il ne restait déjà plus que la dizaine de pogotteurs habituels pour s’époumoner et communier à leur sauce toute l’énergie kepon distillée par les 5 énergumènes de Fiston Morback. Saluons la performance des deux chanteuses : Marie et Harmonie qui ont donné de leur voix, rauques et gueulardes à souhait, et apporté avec elles un peu de nouveauté et de changement face aux autres groupes punk qui tournent sur Nantes. Leur set, fait légèrement à l’arrache, tient finalement bien la distance. La fin de leur concert, tendance Dropkick Murphys, transforme Rezé en territoire irlandais. Leur punk se mêle alors aux sonorités celtes grâce à l’arrivée d’un violon et à des chansons sentant bon le houblon et parlant principalement de Pub et de Whisky.

Tout l’inverse de l’atmosphère des textes du premier groupe qui traitent pêle-mêle de La Pute du rond-point de Rennes, des sectes ou de la télé (sujet maint fois déjà exploité où l’on comprend finalement que la téloche, bouh... c’est vraiment pas bien). C’est leur chanson : Viens avec moi dans ma secte qui fait éclater au grand jour l’esprit décalé de ce duo. Leur retour sur scène avec des vêtements dignes de Raël nous convainc définitivement de leur douce folie et noue une connivence avec le public qui se prend au jeu. Le dernier groupe Fuckingham Palace qu’il faudra désormais appeler For the real a clos la soirée d’une manière particulièrement convaincante. Leur hardcore old-school, porté par un chanteur énergique et nouveau venu, fusionne avec des riffs de métal. Cette nouvelle formation datant d’à peine un mois promet donc à l’avenir d’autres concerts bien péchus.

Bérangère Langlois