Publié le 17 mars 2005

Manon Hericher


GENEPI est une association « loi 1901 » créée en 1976. Elle a pour but de « collaborer à l’effort public en faveur de la réinsertion sociale des personnes incarcérées » (extrait de l’Articles 3 des statuts du GENEPI, déposés le 26 mai 1976), à l’aide d’interventions en détention et d’actions d’information et de sensibilisation du public.

Un projet...

Cette année, le GENEPI a décidé de diriger plus particulièrement son action vers les mineurs incarcérés. Pour cela, une pièce de théâtre, créée à partir de « Paroles de détenus » (collection Librio -NDLR), est jouée, place du commerce jusqu’au samedi 19 mars. Des jeunes du GENEPI, mais aussi d’Unis-Cité, association “loi 1901” créée en 1994, qui vient en renfort des associations et structures de leur région en apportant à leurs équipes “une aide ponctuelle mais à impact durable” pour mener à bien leurs projets, tels que celui-ci. Voilà donc bénévoles et volontaires réunis à Nantes pour essayer de sensibiliser tous les publics.

...Sa raison d’être

J’ai rencontré Lorraine, volontaire de l’association « Unis-Cité » qui m’explique que leur projet est de pouvoir sensibiliser tous les publics. « En fait, par rapport aux prisons y’a peu de gens qui se sentent concernés et encore moins qui savent ce qui s’y passe vraiment - parce que l’emprisonnement est souvent un sujet tabou -, donc nous on est là pour essayer de montrer, qu’au-delà de ce qui se sait, les conditions de détention sont vraiment difficiles, inhumaines...et on ne peut pas se permettre, dans un pays démocrate, dans lequel on revendique les droits de l’Homme, d’enfermer des gens dans des conditions si atroces. Donc on essaie de le dénoncer, et de montrer aux gens qu’il faudrait peut-être y porter un peu plus d’attention. Et puis notre but c’est aussi de faire penser à la réinsertion. Car bon nombre de détenus, à leur sortie, sont tellement dégoûtés de la société à cause de ce qu’ils ont vécu en prison, de ce qu’ils ont subi, et il y a tellement peu de prise en charge, qu’ils ont de forte chance de récidiver ; alors si on faisait un peu plus attention en amont, il y aurait sûrement moins de problèmes de réinsertion ».

Des mots qui touchent

« Notre avantage, du fait que l’on soit planté dans la rue, en plein centre ville, c’est de pouvoir toucher tout le monde, même les gens qui n’avaient pas l’intention de venir voir le spectacle, ou ceux, qui, à la base, sont assez réticents. Et on a de bons retours, ceux-là repartent finalement ravis, avec une autre vision des choses, et pour les anciens détenus que l’on a croisés, ils sont contents de voir que “tout ça” est si bien raconté ». « Je voudrais vous faire comprendre, vous faire sentir la terrible impression d’abandon qui nous envahit lorsque vous n’écrivez pas... j’aimerais que vous compreniez que ce qui, pour vous, ne sont que 4 phrases gribouillées sur un bout de papier [...], pour nous, c’est la clarté dans ces ombres [...], la sensation de ne plus être seul. » (Extrait de la pièce, in « Paroles de Poilus »).

Quelques chiffres

A Orvault, va s’ouvrir prochainement une prison pour mineurs de 60 places. Au 1° juillet 2003, 60 963 personnes étaient incarcérées (contre 48 000 en 2002). Au cours de la même année, on a compté 15 évasions ; en 2002, on dénombrait 112 suicides et 1337 automutilations ; en 1999, 903 grèves de la faim (dont 111 durant plus d’un mois). « Vivre en prison, c’est ne jamais cesser de se battre, conserver son identité, le respect de soi-même, une autonomie, un espoir, la culture de l’espérance ; se battre pour rester en contact avec la réalité du dehors [...] se battre pour trouver tous les jours la force de se lever et de trouver du soleil dans cet univers gris, froid... » (Extrait de la pièce, in « Paroles de Poilus »).

Manon HERICHER

-  La pièce sera jouée vendredi à 11h30, 12h30, 17h00 et 17h30 et samedi à 11h00, 12h00 et 13h00. Un seul regret : qu’elle ne dure que dix petites minutes.
-  Jusqu’à samedi : Exposition « Ecce Homo », portraits d’hommes et de femmes liés par leur expérience de la prison, d’Arnaud Terrier, photographe. Médiathèque Nord, rue Eugène Thomas. 13h30 - 19h00 le vendredi et 13h30 - 17h00 le samedi.
-  Dernière soirée du projet : Soirée Hip-hop avec les compagnies nantaises B’Soaks et Da’ish, à la maison des jeunes de la Géraudière, rue Santos Dumont. Entrée Libre.

Pour plus d’informations, contacter

L’association GENEPI au 06 71 84 16 13 ou par e-mail : genepi_nantes@hotmail.com

L’antenne nantaise d’Unis-Cité a ouvert en Janvier 2005. Au 42 rue des Hauts-Pavés 02 51 72 38 54 www.unis-cite.org